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A Bruxelles, le PS et le SPD célèbrent les 50 ans du Traité de l’Elysée

En coopération avec la Fondation Européenne d’Etudes Progressistes (FEPS) et nos camarades du SPD Brussel, la section PS de Bruxelles a organisé une soirée débat sur les 50 ans du Traité de l’Elysée. Cette soirée, rassemblant plus de 80 personnes de plusieurs nationalités et de plusieurs générations, fut un grand succès.

Au nom de la FEPS, Ernst Stetter a rappelé que le Traité de l’Elysée représentait la cheville ouvrière non seulement du rapprochement de la France et de l’Allemagne mais de l’unification de l’Europe. Ce rapprochement historique ne doit pourtant pas faire oublier les divergences réelles du point de vue culturel, politique ou économique.

Philip Cordery, député PS du Benelux, a souligné que la coopération entre la France et l’Allemagne était exemplaire pour l’UE, du point de vue social, politique et humain. Il a insisté sur les trois points forts de cette relation si particulière : une coopération bilatérale au plus haut niveau (chefs d’Etat), un engagement dans les domaines culturel et de la jeunesse (à travers l’OFAJ, ARTE et les nombreux lycées franco-allemands). Mais le Traité de l’Elysée ne peut se contenter des réalisations du passé. De nombreux défis sont encore à accomplir pour la coopération franco-allemande : une politique étrangère plus intégrée, une convergence sur le budget européen et sur la politique économique (industrielle en particulier) et une initiative plus forte pour la politisation de l’UE.

Le président de la section SPD Brussel, Özgür Öner, a appelé à donner un nouveau souffle politique à cette coopération Paris-Berlin. Il a également rappelé les échéances électorales prochaines en Allemagne (élections fédérales en septembre) et l’impact que pourrait avoir un gouvernement rouge-vert pour le rapprochement avec la France.

Au nom du PS français, Michel Jeanson, a rappelé que, face aux tentations populistes et nationalistes qui minent l’Europe, les militants progressistes et pro-européens ont un rôle particulier : maintenir la flamme de l’Europe et la volonté de paix et d’ouverture. Michel a également souligné que l’élan nouveau de l’UE ne pourra venir que de la solidarité : solidarité entre citoyens, entre travailleurs, entre pays et entre régions.

Paul Collowald, qui fut porte-parole du Commissaire français Robert Marjolin (SFIO), a fait revivre aux plus jeunes générations la succession des évènements ayant conduit à la signature du Traité de l’Elysée et a montré comment ce traité fut loin d’être accueilli avec enthousiasme des deux côtés du Rhin : en France, on se demandait s’il ne s’agissait pas là d’un « saut dans l’inconnu », tandis qu’en Allemagne, on se méfiait du général de Gaulle et de ses visées européennes. Paul Collowald, tout en reconnaissant la portée du Traité de l’Elysée, a rappelé que le texte fondateur de l’Europe unie et de la réconciliation franco-allemande était la Déclaration Schuman de 1950.

Cette perspective historique a été complétée par Christian Deubner, historien allemand, qui est revenu sur les réalisations et les échecs de la coopération franco-allemande, de Konrad Adenauer et Charles De Gaulle jusqu’ Angela Merkel et Konrad Adenauer.

Après un débat avec l’auditoire, qui a laissé une large part aux témoignages et aux interrogations (notamment sur le devenir de l’amitié franco-allemande dans un monde multipolaire), Guido Perruzzo, le représentant permanent adjoint de l’Allemagne à Bruxelles, a rappelé que les relations franco-allemandes étaient bien plus profondes et et plus précieuses que de simples questions de pouvoir ou d’équilibre stratégique. Elles engagent la société civile, la culture, la politique, la jeunesse. C’est pour cela qu’elles sont indéfectibles. Pour autant, elles restent encore à développer.

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