Soutenez le PS

Adhérez au PS

MERCREDI 15 JUIN 2011 POINT DE PRESSE de BENOIT HAMON sur l’ISF

Nous voudrions faire un point particulier sur la réforme de l’ISF engagée par le gouvernement et vous présenter la campagne que le PS lance sur l’impôt sur la fortune ou plutôt sur ce qu’il en reste.

Cette campagne sera principalement diffusée et relayée sur Internet. Nous voulons rappeler que le gouvernement actuel est celui qui aura creusé le plus fortement les déficits. La crise a une responsabilité incontestable, mais ces déficits existaient bien avant la crise. Pour mémoire, le rapporteur UMP du budget, Gilles Carreze, lui-même, estime que les déficits publics aujourd’hui, sont liés aux 100 milliards d’euros de baisse des recettes fiscales depuis 2000. L’objectif 2011 du gouvernement est de ramener le déficit actuel de 148,8 milliards à 92 milliards d’euros. On pensait que le gouvernement allait appliquer la même politique de rigueur à tous les Français, que s’il exigeait des réductions de dépenses dans la fonction publique, s’il exigeait des réductions de la dépense sociale, il allait, vis-à-vis des contributeurs les plus riches, leur imposer cette fois-ci une potion identique à tous les Français. Il n’en est rien. En dépit de ses objectifs qui consistent à trouver près de 50 milliards d’euros cette année, pour réduire les déficits publics, le gouvernement a décidé de voter avec le soutien de la majorité UMP et de tous les députés UMP dans leur circonscription, une réduction de 1,8 milliards d’euros de l’impôt qui pesait sur les ménages les plus riches. Voici ce que nous aurions pu faire en lieu et place de ce cadeau fiscal. Il correspond, en ce qui concerne l’hôpital public, à 70 000 postes d’infirmières au moment de leur recrutement.

Ce cadeau de 1,8 milliards d’euros, s’il avait été destiné à l’hôpital public, si on ne s’était posé la question non pas de la fermeture d’un certain nombre de maternités, d’hôpitaux de province pour faire face à ce qu’est aujourd’hui l’asphyxie d’un certain nombre de services de l’hôpital public, l’asphyxie des services d’urgence. Si on avait voulu avoir un plan pour l’hôpital public, ce milliard huit d’euros aurait correspondu au recrutement de 70 000 infirmiers.
Si on change de secteur, le gouvernement a supprimé depuis 2007, 66 000 postes dans l’Education nationale, c’est exactement le nombre d’emplois qui correspond à ce milliard huit. Ce qui signifie qu’avec ce milliard huit, si on avait décidé de faire de l’éducation une priorité politique, on aurait pu recruter le nombre de professeurs qui a été supprimé par la droite depuis 2007. Avec ce cadeau fiscal pour les plus riches, nous aurions pu augmenter le taux d’encadrement des jeunes à l’école, au collège et au lycée, mettre plus d’adultes dans les établissements scolaires là où il y a des problèmes d’éducation, de formation et de sécurité et nous aurions donc pu recruter 66 000 professeurs de plus.

Et si on passait de l’hôpital, de l’éducation à la Police nationale, là où le gouvernement considère que la sécurité est sa priorité, 1,8 milliards d’euros correspond au recrutement de 60 000 policiers ou gendarmes. Là encore, ça vous donne des ordres de grandeur de ce qui aurait pu être fait sur le terrain pour changer concrètement la vie de nos compatriotes plutôt que de distribuer un cadeau de 1,8 milliards d’euros aux plus riches. Il faut se rappeler la loi d’airain de l’économie, quand vous donnez 100 euros à quelqu’un qui est riche, ces 100 euros il les épargne. Il les place où? Sur les marchés financiers. Quand vous donnez 100 euros à quelqu’un qui a besoin de consommer, il les consomme. Donc il les réinjecte dans l’économie réelle. C’est aussi un choix politique de continuer à alimenter les marchés financiers, c’est-à dire l’économie virtuelle, et absolument pas l’économie réelle, alors qu’elle contribue à l’investissement et aux créations d’emplois.

Prenons maintenant, au-delà des grandes masses, la situation des 1 900 ménages les plus riches c’est-à dire ceux qui ont un patrimoine qui dépasse les 17 millions d’euros et qui seront eux les bénéficiaires de la principale économie puisqu’en moyenne, ces ménages les plus fortunés, grâce à la réforme de l’ISF, vont gagner cette année, tenez-vous bien, 370 000 euros chacun, ce qui fait pour ces 1 900 ménages les plus fortunés un cadeau total de 700 millions d’euros.

On a rien d’autre à faire en France aujourd’hui que de donner 700 millions d’euros aux 1 900 ménages les plus riches de France. C’est ça que nous venons de faire, ce qui s’appelle un racket sur l’Etat. Ce qui s’appelle un hold-up sur les services publics. Combien d’hôpitaux, combien de maternités, combien de gendarmeries, combien de classes d’école vont être fermés pour donner 700 millions d’euros à 1900 familles françaises. Voilà à quoi cela correspond pour les 1 900 ménages, si nous n’avions pas donné ce cadeau, nous aurions pu construire 41 collèges, nous aurions pu construire 5000 logements sociaux cette année, et si on ne prend qu’une seule de ces personnes, la moyenne de ces cadeaux fiscaux, pour chacun de ces foyers privilégiés, la réduction d’impôt pourrait financer le RSA annuel de 67 personnes, je dis ça parce que le gouvernement considère que les bénéficiaires du RSA sont tous volontaires d’être au RSA, tous très désireux d’y rester et tous très heureux de d’être des fainéants, puisque c’est le message implicite du gouvernement. Et qu’en contre partie, il faut les mettre au travail et leur faire faire des heures de travail d’intérêt général et bien juste pour chacune de ces 1900 familles, ce cadeau fiscale correspond à 67 années de RSA ou 67 RSA annuel, vous le prenez dans le sens que vous voulez mais c’est assez clair sur la nature de ce cadeau fiscal.

Je voulais insister là-dessus, on vous a gardé le meilleur pour la fin. Pour que ce soit plus clair, on a voulu vous montrer qui allait gagner quoi de manière plus simple. Donc c’est pour les 200 000 foyers qui ont un patrimoine qui est entre 1,3 millions d’euros et 2,5 millions d’euros puis un bénéfice cette année de 1 500 euros, c’est-à dire deux fois la fameuse prime Sarkozy que, hypothétiquement, 4 millions de français pourraient toucher. Pour les 46 000 foyers qui ont un patrimoine en-dessous de 4 millions d’euros, c’est un bénéfice de 5 500 euros. Pour ceux qui sont les 19 000 foyers qui ont un patrimoine de plus de 4 millions d’euros, ce sera un petit cadeau qui permet de boucler les fins de mois de 160 000 euros, et enfin pour les 1 900 foyers les plus riches, c’est un cadeau fiscal annuel de 370 000 euros. Alors, heureux celui qui a Baroin comme ministre du budget, qui va recevoir un petit chèque de 370 000 euros.

D’ailleurs, je fais une parenthèse, Monsieur Baroin, je m’amusais de cela ce matin, disait qu’il était contre le mariage homosexuel parce qu’aucun de ses amis gays ne veut se marier, ce qui m’a fait penser, qu’il s’agisse du mariage homosexuel, comme de l’ISF, que c’est toujours les copains des ministres qui décident et rarement l’intérêt général. Mais je ferme la parenthèse et en l’occurrence nous retrouvons la même logique avec cette réforme qui consiste à distribuer à des gens, des familles, des contribuables, qui ne sont évidemment pour aucun d’entres eux des donateurs de l’UMP, un chèque de 370,000 euros.

Je vous rappelle que le bouclier fiscal n’est remis en cause qu’à échéance de 2013. Donc c’est double bouclier fiscal pour la dernière année, avec une possibilité d’économiser encore de l’argent que la solidarité voudrait que chacun verse à l’Etat pour financer des politiques qui sont indispensables.
Et donc le meilleur pour la fin, c’est la situation particulière de Mme BETTENCOURT, qui elle, grâce à cette reforme va payer cette année 4 fois moins d’impôts qu’elle n’en payait l’année dernière, et ne sera imposée qu’à hauteur de 4% de ses revenus, quand en moyenne, vous et tous les français sont imposés à hauteur de 30% de leur revenu. Voilà l’idée que ce fait le gouvernement d’un mot qu’il utilise tout le temps : « l’équité ». C’est la raison pour laquelle, au Parti socialiste, on préfère la justice à l’équité, parce qu’on a compris que l’équité c’était pour l’essentiel de l’argent public qui allait aux plus riches.

Voilà pourquoi nous allons engager une campagne, je veux vous rappeler les propositions du Parti socialiste, qui outre la remise en cause de ces niches fiscales, qui explique les 100 milliards d’euros de baisse des recettes fiscales dont parlait le rapporteur général du budget, l’UMP M. CARREZ, nous rétablirons évidemment les droits de succession sur les héritages, nous supprimerons le bouclier fiscal, nous supprimerons plusieurs niches fiscales, nous rendrons la CSG progressive à travers la création d’un seul et unique impôt qui fusionne CSG et impôt sur le revenu, qui sera réellement progressif et qui sera prélevé à la source. Et, enfin, nous alignerons les prélèvements du capital sur ceux du travail, c’est-à-dire que, demain, nous augmenterons les prélèvements qui pèsent sur les revenus du capital. J’insiste sur ces propositions, nous mettrons en place une vraie réforme de la fiscalité qui essaiera d’annuler tous les effets de cette contre révolution fiscale qu’a mise en œuvre la droite de Nicolas Sarkozy et qui a eu pour objectif d’enrichir considérablement les ménages les plus riches.
Voilà ce que seront donc les visuels de la campagne que le Parti socialiste a lancé : « priorité aux riches pas à l’école », ça c’est le discours de Nicolas Sarkozy, vous l’aurez compris, et nous voulons, nous, recruter des professeurs, « priorité aux riches, pas à la sécurité ». C’est pour cela que demain nous engagerons le recrutement de policiers et gendarmes. Évidemment notre objectif est de consolider demain l’hôpital public.

Je voulais vous présenter cette campagne qui va rythmer cette fin d’année, avant les vacances scolaires. Cela montre que le Parti socialiste n’est pas seulement concentré sur ses échéances internes, mais continue à être mobilisé sur les choix qui intéressent les Français, d’où la mobilisation particulière, hier, à l’initiative de Jean Marc Ayrault à l’Assemblée nationale en brandissant ce « chèque cadeau » de 2 milliards d’euros dans l’hémicycle.
Nous poursuivrons ces mêmes campagnes dans nos fédérations, dans nos sections, en porte-à-porte, sur internet…

Pour conclure, un mot pour vous dire que nous ferons la semaine prochaine avec David Assouline qui me remplacera pour le point de presse, un point sur la campagne des primaires et la campagne de communication. Nous vous parlerons des difficultés que nous rencontrons toujours à obtenir des fichiers d’électeurs auprès de 24 départements et avec 19 préfectures particulièrement réticentes aujourd’hui.
Nous monterons qu’il existe une sorte d’entrave assez ridicule à l’organisation d’un moment démocratique. C’est une sorte de fébrilité dont le ton est donné par Jean François Copé. Chez lui, à Meaux, par exemple, aucune salle n’est disponible, aucun équipement. C’est juste ridicule, mais ce scrutin se déroulera.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.